Mentez-Moi

«Je suis fière de toi Pinocchio. Je suis sûre que
tu ne me décevras pas. Je crois même que je
t’aime déjà». (extrait du texte)

C’est quoi être «jeune»? C’est quoi devenir un «adulte»?
Et si tout çela n’était qu’une grande mascarade.
Une bouffonerie ancêstrale.
Nos «adultes» se racontent des histoires depuis la nuit des temps.
On a d’ailleurs bâti ce qui fonde notre société sur ces histoires.
Puis ils les perpétuent en les racontant à leurs enfants.
Nous finissons par devenir ce que ces histoires attendent de nous.
Ce sont les plus grands mensonges de l’univers.
Des mensonges qui permettent d’avancer et qu’on accepte sans jamais les remettre en question.
Et si on refusait de jouer le jeu?
Que se passe t’il quand on dévoile un menteur?
Apprendre.
Et dire Non.
Arrêter la machine.
Arrêter de croire aux grandes histoires.
Pour inventer la sienne.

Pinocchio est un menteur. Un menteur qui ne se cache plus. Ça, tout le monde le sait. Même lui. Mais c’est aussi un jeune garçon qui a quitté sa maison et que le monde a beaucoup questionné. Car le monde lui a beaucoup promis. Ce garçon va alors aller à la rencontre du monde. Afin de lui faire tenir les promesses. Celles qui lui brûlent au fond du ventre. Ça s’appelle avoir un deal avec ses rêves. C’est aussi un garçon qui a su dire «non» avant d’accepter les «oui». Non, il ne ressemblera pas à son père «qu’est jamais là, et de toute façon on sait même plus quel âge il a tellement il fait vieux». Et non, il ne parle jamais de sa mère, «de toute façon ça sert à rien ça tient jamais les promesses une mère, ça sait que dire la vérité». Lorsqu’il découvre que, par ses talents de faiseurs d’histoires, il est enfin écouté et respecté, il comprend que c’est le seul moyen pour lui de se sauver. Il se laisse alors emporter dans le colimaçon des mots, ceux qui font du feu sur les papilles et des flammes dans les oreilles. Prêt à tout pour être aimé et briller de mille feux, il devient le «chef du monde des gens qui ne savaient plus rêver».

Mais lorsque vivre ses rêves n’est pas si éblouissant que cela, que l’on découvre que le monde croise toujours les doigts quand il fait des promesses et que tourner sa langue sept fois dans sa bouche, ça fait juste mal à la langue; que reste-il de la réalité qui aveugle? Pinocchio est un enfant qui grandit. Branche par branche. Qui pousse des feuilles en dedans et en dehors. Il est plongé dans un monde qui baratine et qui bluffe, celui des adultes. Ceux qui croient que vivre en rêvant d’un meilleur ressemble à une vie rêvée. Peut-être que les mensonges d’un enfant ont parfois un éclat d’évidence qu’on enterre avec la colère des tricheurs. Quand elle nous rattrape, sa caresse peut être douce ou brûlante pour celui qui sait lui donner un langage. Mentez-moi de Pauline Collet est le deuxième projet sélectionné par le jury de Capucins Libre, convaincu par une pièce furieusement humaine, cruellement drôle et viscéralement physique. Une pièce qui tient ses acteurs en haleine et des images qui se conjuguent avec leur lumière, voici la promesse de ce nouveau volet.

DISTRIBUTION

mise en scène
Pauline Collet
avec Justin Pleutin, Stéphane Robles, Delphine Sabat
scénographie Joanie Rancier
costumes Giuseppe Lo Buono
son et lumière Emmanuel Nourdin
chargée de production Adeline Nex

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